Vous voulez prendre un coup de vieux ? Allez, un tout petit, en passant, grâce à une énigme à laquelle tout designer devrait pouvoir répondre : qu’elle révolution technologique a vu le jour le 17 août 1982 ? Dans un premier temps hésitante, puis finalement véritable succès commercial, elle réussit à reléguer au moins 3 technologies de pointe au rang d’objets de collection. Symbole de la modernité, on la voit utilisée par James Bond pour stocker ses archives secrètes alors qu’il use de son "permis de tuer" contre l’avis M.
D’une épaisseur de 1,2mm et d’un diamètre de 12 cm, je suis, je suis …
Le CD !! Ou Compact Disc !
Le CD est devenu un produit courant, le vinyle n’a survécu que grâce aux scratch hip hop sur platine à diamant (et encore, dans le seul format 45 tours, quid des 16, 33 ou 78 tours ?), les cassettes ont gardé la faveur des grands-mères pour enregistrer leur émission de radio préférée, les disquettes (8 pouces ; 5 1/4 ; 3 1/2) et les Zip, ben, vous en avez bien encore une ou deux qui traînent au fond d’un vieux tiroir, non ?
On lui a reproché de ne pas offrir le même charisme sur ses pochettes musicales que les vinyles (je ne suis pas d’accord, j’ai de magnifiques pochettes de CD et des pochettes de vinyles sans intérêt, et réciproquement), mais il est concurrencé désormais par les "tient dans la poche", clés USB, lecteur Mp3, etc.
En 1979, Philips et Sony décident de développer ensemble une technologie autour de platines laser équipées des puces électroniques les plus puissantes commercialisées pour le grand public.
En 1980, un "livre rouge" définit le cahier des charges et le partage des brevets : à Philips la conception de la rondelle et des lentilles de lecture ; à Sony de définir le format pour numériser la musique.
Finalement, la grande différence entre le vinyle et le CD, c’est ce laser qui remplace l’aiguille (et ne doit pas altérer la surface de la rondelle). La circonférence du CD est inférieure à celle du vinyle, la légende voudrait qu’il s’agisse de la dimension d’un dessous de verre de bière hollandaise. Plus sérieusement, les caractéristiques techniques devaient permettre d’enregistrer sur une seule face les morceaux les plus longs … et la 9ème Symphonie de Beethoven aurait servit de référence.
Le 17 août 1982, donc, le tout premier exemplaire de ce nouveau support d’écoute sortait des presses de l’usine Philips de Langenhagen (près d’Hanovre) en Allemagne.
Le 1er octobre 1982 Sony commercialise au Japon la première platine (avec l’album "52nd Street" de Billy Joel offert). Dès 1986 les platines laser se vendent mieux que les autres, en 1988 les ventes de CD dépassent celles de vinyles. Puis vinrent les CD-R (enregistrables), les CD-RW (ré-enregistrables), les DVD, les mini-CD (abandonnés à cause des mange-disques Apple), les DVD-R, les DVD-RW, les double-face, et maintenant le Blue-Ray.
Ce sont plus de 200 milliards de pièces vendues dans le monde
Mais pour les nostalgiques de la rondelle noire (ou rose, jaune, … il y avait pleins de séries spéciales de vinyles colorés pour les grandes stars, j’ai toujours un 33 tours doré d’Elvis, sous verre, collector !), la société japonaise eMark produit les CD-R Black Diamond Groove, avec l’apparence des vinyles, et la possibilité d’imprimer sur le blanc central !