Vous savez que Fidel Castro, diminué par la maladie, a cédé la place de chef de l’Etat à son frère cadet, Raùl. Celui-ci est chef de l’armée depuis plusieurs décennies, et l’armée est considérée par les Cubains comme la première entreprise privée de Cuba. En fait, lorsqu’une entreprise étrangère (le plus souvent canadienne ou européenne) investit sur l’île, elle doit monter une société mixte en partenariat avec l’Etat (lorsqu’il s’agit d’un « service public » comme le transport ou l’énergie) ou avec l’armée. C’est par exemple le cas de Pernod-Ricard pour le Havana Club, ou du Club Med pour son centre à Varadero : le bâtiment et le personnel sont gérés par l’armée, les activités et la clientèle par le Club. C’est ainsi que l’armée est la société cubaine qui gagne le plus d’argent, loin devant les manufactures de tabac.
La prise de pouvoir du demi-frère s’accompagne, en toute logique, d’une grande ouverture de l’économie. Une des principales activités economiques du pays est la canne à sucre, dont la production a cessé d’être compétitive depuis l’avènement des sucres synthétiques. Or, la canne à sucre est une des plantes permettant la production d’agro-carburants (comme le bio-éthanol) et ceux-ci sont à la mode en ce moment.
D’après le site Car 2.0 (de la galaxie Wired) traduit par Bruno Labrie du Blog Auto, l’industrie agricole nationale se tournerait donc vers la production de bio-éthanol …
L’avantage de cette reconversion, c’est qu’il ne s’agit pas de détourner les champs d’une agriculture nourricière, comme ce peut être le cas au Brésil, mais bien de réutiliser une activité économique en difficulté pour l’adapter à un secteur prometteur.
Les experts nord-américains de l’économie cubaine estiment que cette production pourrait atteindre 2 à 3 milliards de gallons d’éthanol par an (plaçant Cuba juste derrière les Etats-Unis et le Brésil en quantité produite), soit une valeur de près de 7 milliards de dollars (4,75 milliards d’euros).
D’ici là , la chaîne de production nécessite de lourds investissements, et ceux-là pourraient logiquement venir de l’étranger. Or, l’agence Reuters rappelle combien Fidel était opposé à ce genre d’industrie, préférant consacrer les efforts financiers à nourrir son peuple. Il n’est pas dit qu’il laisse faire une réforme qu’il avait lui-même refusée il y a 15 ans.
Alors, Cuba bientôt à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique ?